Le blasphèrme sur Jésus et Marie Madeleine
Jésus et Marie-Madeleine
Une série d’articles, écrits par des professeurs de la
faculté de théologie de l’université de Navarre, sur la
personne du Christ, son milieu, ses amis...
09/03/2007
Il découle des Évangiles que Marie-Madeleine éprouvait
un grand amour pour Jésus. Il l’avait délivrée de sept démons,
elle le suivait en tant que disciple, l’assistait
de ses biens (Luc 8, 2-3) et s’est trouvée avec
Marie, la Mère de Jésus, et d’autres femmes quand
Jésus a été crucifié (Marc 15, 40-41 et parallèles).
Selon les Évangiles, c’est à elle que Jésus apparaît
en premier après sa résurrection, alors qu’elle le
cherchait éplorée (Jean 20, 11-18).
D’où la vénération dont elle a été l’objet dans l’Église
en tant que
témoin du ressuscité. De ces passages,
on ne peut déduire ni qu’elle a été pécheresse, moins encore
qu’elle ait été la femme de Jésus.
Ceux qui soutiennent cette dernière
affirmation utilisent
le témoignage de certains évangiles apocryphes.
Or, ces derniers, à l’exception peut-être d’un noyau de
l’Évangile de Thomas, sont postérieurs aux
Évangiles canoniques, sont dépourvus de
caractère historique et ne servent qu’à transmettre des
enseignements gnostiques. Selon ces ouvrages, qui, même
s’ils portent le nom d’évangile n’en sont pas à
proprement parler, mais sont des écrits contenant
révélations secrètes de Jésus à ses disciples après
sa résurrection, Marie (ou Myriam ou Mariham :
le nom de Madeleine n’apparaît pas sauf dans quelques livres) est
celle qui comprend le mieux ces révélations.
L’opposition que, d’après certains de ces textes
(Évangile de Thomas, Dialogues du Sauveur, Pistis Sophia,
Évangile de Marie),
les apôtres manifestent envers elle du fait
qu’elle est une femme traduit
la considération négative de certains gnostiques envers le monde
féminin et la condition de Marie en tant que disciple importante.
Néanmoins, certains veulent voir dans cette
opposition un reflet de l’attitude de
l’Église officielle de l’époque, qui aurait été opposée à ce qu’une femme occupe
la situation de chef spirituel que ces groupes proposaient.
Rien de cela ne peut être démontré. Cette opposition peut plutôt être comprise comme un conflit de doctrines : celles de Pierre et des autres apôtres face à celles que ces
groupes gnostiques exposaient au nom de Marie. En tout
état de cause, le fait qu’ils aient recours
à Marie est une façon de justifier leurs positions gnostiques.
Dans d’autres évangiles apocryphes, en particulier
l’Évangile de Philippe, Marie
(cette fois-ci citée avec son nom d’origine, Madeleine)
est un modèle de gnostique, précisément en raison
de sa féminité. Elle est le symbole spirituel de
la suite du Christ et d’union parfaite avec lui.
Dans ce contexte, il est question d’un baiser de
Jésus à Marie (s’il faut réellement comprendre
le texte en ce sens), qui symbolise cette union,
étant donné que par ce baiser,
une espèce de sacrement supérieur au baptême et à l’Eucharistie,
le gnostique s’engendrait lui-même en tant que gnostique.
Le ton de ces écrits est complètement étranger à des
implications sexuelles. C’est pourquoi aucun savant
sérieux ne comprend ces textes comme un témoignage
historique d’une relation sexuelle entre Jésus et Marie-Madeleine.
Il est triste que cette accusation, qui n’a aucun fondement
historique, étant donné que les chrétiens de
l’époque n’ont même pas eu besoin
de polémiquer pour s’en défendre, resurgisse de
temps à autre comme s’il s’agissait d’une nouveauté.
Article ajouté le 2007-03-13 , consulté 40 foisCommentaires
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